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La culture de la paix en RDC : « Les guerres naissent dans l’esprit, c’est là que doit naître la paix »

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Les guerres prenant naissance dans l’esprit des Congolais qui recourent à l’appui étranger donnant lieu à une agression étrangère, c’est dans l’esprit des Congolais que doivent être élevées les défenses de la paix.
C’est une adaptation d’une pensée Unesco à la réalité congolaise, qui célèbre son 80 ème anniversaire ce 4 novembre 2026. Elle a été fondée le 4 novembre 1945. 

Dans l’Est de la RDC, chaque balle tirée à Bukavu ou en territoires a d’abord été une idée. Une idée de revanche, de pouvoir, de règlement de comptes. Avant de devenir agression étrangère, la guerre est d’abord congolaise dans l’esprit de celui qui ouvre la porte.

Prenons ce qui se passe aujourd’hui à Goma. James SWAN, le Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MONUSCO rencontre Joseph KABILA présenté comme le responsable du FRN, aux côtés de Corneille NANGAA et Bertrand BISIMWA. Pourquoi la MONUSCO est-elle obligée de faire la navette ?

Parce que l’idée de recourir à Kigali, à Kampala, à une force extérieure pour régler un problème congolais a germé dans un esprit congolais.
Aucun étranger n’entre au Congo s’il n’y trouve pas d’abord un Congolais pour lui tenir la porte : Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération AFDL, Rassemblement Congolais pour la Démocratie, RCD, Congrès Nationalpour la Défensedu Peuple, CNDP, Mouvement du 23 Mars 1 et 2 devenu aujourd’hui Front pour la Réfondation de la Nation.

C’est ça, l’agression étrangère dont nous parlons depuis 30 ans et qui ne commence pas à la frontière. Elle commence dans un salon de Kinshasa, de Minembwe, Goma ou de Kingakati, quand un acteur politique se dit : « Je suis trop faible seul, j’appelle l’extérieur. »

L’Unesco disait en 1945 : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

Adapté à la République démocratique du Congo, les guerres prenant naissance dans l’esprit des Congolais qui instrumentalisent l’étranger, c’est dans l’esprit des Congolais que doivent être élevées les défenses de la souveraineté.

Tant que nous penserons que l’ennemi de mon ennemi est mon ami étranger, nous aurons la guerre. Le Rwandais, l’Ougandais, le Burundais ne viendraient pas si l’offre politique intérieure ne les appelait pas.

Alors, que faire pour restaurer la paix ?

D’abord faire comprendre aux acteurs politiques congolais que perdre le pouvoir ou une élection ne devrait pas les pousser à prendre les armes.

Aussi le militaire congolais doit comprendre que sa loyauté va à la République, pas à un chef de mouvement. Troisièmement, tout jeune Congolais doit refuser d’être chair à canon d’une rébellion présentée comme « libération » mais qui n’est que recyclage de violence armée.

Chaque Congolaise et Congolais devrait comprendre que la paix ne viendra pas de Doha, de Luanda, Nairobi, Addis-Abeba ou encore moins de Washington si elle n’est pas d’abord décidée à Kinshasa, Minembwe, Goma ou Bukavu. La paix sera décidée dans la tête de chaque Congolaise et Congolais.

La rencontre, à Goma, entre James SWAN et Joseph KABILA est utile. Mais la vraie rencontre que le Congo attend, c’est celle du Congolais avec lui-même. Le jour où aucun Congolais n’ira chercher une béquille étrangère pour marcher vers Kinshasa, ce jour-là, l’agression étrangère s’arrêtera d’elle-même. Parce que les guerres naissent dans l’esprit. La paix aussi.

Faustin MULIRI MIRUHO

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