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Bukavu : Le cri silencieux des femmes rurales empêchées d’accéder aux champs.

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Les femmes rurales nourrissent leurs familles, tiennent les marchés, portent l’économie des collines. Mais cette année, elles n’ont pas pû célébrer la journée du 15 octobre.

En territoire de Kabare, au Sud-Kivu, la Journée Internationale des Femmes Rurales se déroule dans un silence lourd. Pas de défilé, pas de chants. Seulement l’angoisse de ne plus pouvoir accéder à son champ.

« Dans plusieurs villages touchés par les affrontements, les femmes n’accèdent plus librement à leurs champs, pourtant essentiels à la survie », témoigne Espérance Murandikire, présidente de Colloque Femme Kabare, jointe à l’occasion de cette journée.

Le thème mondial de cette année est : « Mettre en lumière le rôle crucial des femmes en zones rurales, dans l’agriculture, la sécurité alimentaire et le développement. » Un thème qui résonne comme une ironie douloureuse à Kabare.

Des champs devenus zones de risque

Depuis des mois, l’insécurité armée a vidé les collines. Les femmes, qui représentent plus de 70% de la main-d’œuvre agricole au Sud-Kivu, ont peur.

Peur de se faire agresser sur le chemin du champ. Peur de voir leur récolte pillée. Plusieurs témoignages font état de violences subies alors qu’elles cherchaient simplement à assurer la survie de leurs proches.

Conséquence directe : perte de revenus, faim qui revient dans les ménages, enfants déscolarisés, détresse psychologique. Pour certaines, le deuil d’un mari ou d’un fils tué.

« Malgré les efforts déployés par les femmes pour nourrir leurs familles, l’insécurité compromet leurs initiatives et empêche les progrès attendus », ajoute Espérance Murandikire.

Un appel à la paix pour pouvoir cultiver

Les associations féminines de Kabare n’ont qu’un seul souhait cette année : pas de pagne, pas de discours. Elles demandent le rétablissement de la paix.

Sans sécurité, pas d’accès à la terre. Sans terre, pas de nourriture. Sans nourriture, pas d’avenir pour les enfants.

Elles appellent les autorités, qu’elles soient à Bukavu ou à Kinshasa, et la communauté humanitaire à garantir leur protection et leur accès aux champs.

Car comme le rappellent les Nations Unies, investir dans la femme rurale, c’est investir contre la faim. Mais à Kabare, on le voit aujourd’hui : aucun progrès durable en faveur des femmes rurales n’est possible sans paix.

Faustin MULIRI MIRUHO

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