Désavoué par son propre parti, condamné par le gouvernement et désormais dans le viseur de la justice, Fils MUKOKO paie au prix fort sa sortie médiatique : une bérézina. Les réactions s’accumulent après la vidéo virale où il menaçait les ressortissants occidentaux.
L’UDPS désavoue et se désolidarise
Dans un communiqué publié ce mercredi 21 octobre, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti présidentiel, a fermement désavoué les propos de Fils Mukoko.
L’UDPS affirme que FilsMukoko n’occupe aucune fonction au sein de la direction du parti* et qu’il n’a reçu aucun mandat pour les initiatives annoncées. L’UDPS rappelle son engagement non violent de plus de 30 ans et condamne toute forme de discours incitant à la violence.
Le gouvernement Suminwa condamne et saisit la justice
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a condamné « de la manière la plus ferme » des propos qualifiés d' »horreur absolue ». Il a précisé que ces déclarations « n’engagent nullement le gouvernement ni aucune autre institution ».
Dans la foulée, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a frappé là où ça fait très mal.
Dans son communiqué n°0037/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 daté du 21 octobre, il a enjoint le Procureur Général près la Cour de Cassation d’ouvrir une enquête judiciaire.
En cause, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux où l’on voit Fils Mukoko déclarer :
« Nous allons distribuer les armes même dans les terrains de football. Nous allons distribuer les armes même dans des églises. Nous allons distribuer les armes même dans des universités […] Les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa. »
Le ministre rappelle que « la liberté d’expression est constitutionnellement consacrée, mais elle ne saurait servir de prétexte à la menace, à l’intimidation ou à la mise en danger de la vie d’autrui. »
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a également été saisi et a infligé à titre conservatoire un embargo médiatique de 88 jours à Fils Mukoko.
Indignation et révocation par le Gouverneur de Kinshasa
Le coup final est venu de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Le Gouverneur Daniel Bumba a signé ce mardi 21 octobre un arrêté provincial portant révocation de Fils Mukoko de son poste de *Directeur Général Adjoint chargé des questions techniques de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (RASKIN).
De cadre de l’UDPS et responsable à la RASKIN à homme visé par une enquête judiciaire, la chute est brutale mais proportionnelle à la bérézina à sa charge. L’enquête devra désormais établir les responsabilités et les circonstances exactes de ces propos qui interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques entre la RDC et la Belgique.
Faustin MULIRI MIRUHO