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16 octobre : Journée mondiale de l’alimentation, Bukavu affronte une crise alimentaire silencieuse

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Presque tout le monde mange à Bukavu. Chaque jour ; mais combien de fois et combien de gens mangent-ils à leur faim ?

Avec l’exode rural, l’insécurité en territoires, la ville fait face à une crise alimentaire silencieuse. Pas uniquement à cause de la longue saison sèche. À cause de la guerre.

Le FAO rappelle que le thème de cette année est « Mains dans la main pour de meilleurs aliments ». À Bukavu, ces mains doivent d’abord pouvoir se serrer en paix.

Depuis des mois, la guerre dans les territoires de Kabare, Kalehe, Walungu et Masisi pousse des milliers de familles à fuir vers Bukavu. Les déplacés ne cessent d’arriver, en ces jours, de Kaziba. Personne ne connaît leur nombre précis.

Ces déplacés sont des cultivateurs. En partant, ils abandonnent leurs champs de manioc, de haricots, de maïs. Résultat : les plaines et collines qui nourrissaient Bukavu produisent peu.

Certes la ville qui les accueille a à manger, car la Tanzanie, l’Uganda, le Burundi et le Rwanda viennent au secours ; encore faut-il avoir les moyens de s’en procurer.

La preuve ? Aujourd’hui le haricot se vend au verre.

En province du Sud-Kivu, les femmes rurales, qui assurent 70% de la production vivrière au Sud-Kivu, n’accèdent plus à leurs champs par peur des groupes armés. Plusieurs ont été agressées sur le chemin.

Surpeuplée, la ville de Bukavu doit nourrir ses habitants en plus des déplacés.

L’état des routes rurales et le coût du transport sur les axes Bukavu – Goma et Bukavu – Katana sont devenus chers et dangereux. Le coût du transport a explosé.

En moyenne, 1 ménage sur 3 à Bukavu ne mange qu’une fois par jour, selon les organisations humanitaires locales. Les enfants sont les premiers touchés, avec une hausse des cas de malnutrition à l’Hôpital Général.

Le paradoxe du Sud-Kivu est que nous avons des terres fertiles, mais l’insécurité due à la guerre provoque la faim.

Les associations paysannes en territoires ont des urgences telles que : sécuriser les accès aux champs et les marchés ruraux, créer des couloirs humanitaires agricoles et appuyer les jardins de case à Bukavu même pour les déplacés.

Sans paix en territoires, plusieurs poches resterons vides tout comme des assiettes à Bukavu.

Faustin MULIRI MIRUHO

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